Bibliose

La bibliographie de l'amylose

Dr Jean-Pierre GUEFFET

Dr Jean-Pierre GUEFFET

Cardiologue Hôpital Privé du Confluent - Nantes.

Etude prospective, monocentrique dans un hôpital communautaire réalisée entre octobre 2019 et juin 2000.

Les patients ont été sélectionnés de manière séquentielle lors de leur visite de contrôle du pacemaker. Sur les 524 patients de cette période, seuls 170 patients âgés de 65 ans ou plus ont été sélectionnés. Après avoir exclu les patients incapables de donner leur consentement et ceux qui étaient institutionnalisés, 128 patients au total ont participé. Il y a eu 35 refus pour absence de consentement et 7 patients qui ont retiré leur consentement initial. Sur ces 128 patients, ils ont eu une échographie à l'occasion du contrôle de PACEMAKER par un des auteurs et avec une relecture par le 2e auteur. Sur les 128, on a retrouvé en échographie 58 patients avec une épaisseur septale mesurée en para sternale petite axe de préférence supérieure ou égale à 12 millimètres.

58 patients ont subi un bilan biologique pour éliminer une gammapathie et une scintigraphie dans le mois suivant, à la recherche d’une amylose à TTR. Parmi eux, 11 avaient une scintigraphie évocatrice de ce diagnostic, soulignant la forte prévalence de l’amylose TTR dans la population porteuse d’un stimulateur cardiaque. En effet, les auteurs ont démontré une prévalence de 19 % chez les patients de plus de 65 ans présentant une hypertrophie ventriculaire gauche. Même sans exclure le critère d’hypertrophie ventriculaire gauche, la prévalence était encore de 9 %.

Dans la moitié des cas c’était des BAV, dans un 1/3 des cas c’était des dysfonctions sinusales. Et sinon, syndrome bradycardie et tachycardie.

Si on prend les 58 patients qui avaient une hypertrophie ventriculaire gauche et que l’on différencie ceux avec une scintigraphie positive ; on voit que dans la scintigraphie positive il y avait donc ceux qui avaient une amylose TTR, il y avait une pression artérielle plus basse, significativement par rapport à l’autre groupe, une insuffisance cardiaque plus symptomatique et des antécédents d’insuffisance cardiaque plus nombreux. On avait plus souvent recours au traitement diurétique dans cette population que dans la population non amylose.

Selon l’étude, les patients atteints d’amylose présentaient des comorbidités similaires. Cependant, en ce qui concerne les paramètres échocardiographiques, l’épaisseur du septale était significativement plus élevée dans la population amyloïde. Cela s’est également traduit par des pressions de remplissage plus élevées et un dysfonctionnement ventriculaire droit plus sévère.

En outre, les taux de troponine et de NTproBNP étaient significativement plus élevés dans le groupe amyloïde que dans le groupe non amyloïde, ce qui indique qu’ils pourraient être des marqueurs potentiels pour identifier les patients qui ont besoin d’un stimulateur cardiaque.

Conclusion

En conclusion, on savait que les troubles de la conduction étaient fréquents dans l'amylose, mais on a maintenant une idée de la prévalence dans une cohorte monocentrique (9%) si l'on considère les patients de plus de 65 ans comme une indication générale. Le pourcentage passe à 19 % lorsqu'il y a une hypertrophie ventriculaire gauche égale ou supérieure à 12 millimètres à l'échocardiographie. L'une des observations des auteurs est que l'hypertension ne doit pas être considérée comme la cause de l'hypertrophie ventriculaire gauche, car il s'agit d'une comorbidité fréquente chez les patients atteints d'amylose. Pour mieux détecter ces amyloses, nous pouvons utiliser les dosages du NTproBNP et de la troponine, qui étaient significativement élevés dans cette étude.

Prevalence of transthyretin amyloid cardiomyopathy in pacemaker patients.